Partager l'article ! James Bond : pourquoi ça a marché ?: A l'occasion du cinquantenaire de la sortie de James Bond contre Dr. No, Relax ...
A l'occasion du cinquantenaire de la sortie de James Bond contre Dr. No, Relaxnews s'est penché sur la saga d'espionnage la plus célèbre au monde. Guillaume Evin, journaliste indépendant et auteur spécialiste de 007, et Luc Le Clech, président du Club James Bond France, analysent le phénomène à l'aune de leur expertise.
Pourquoi ça a marché ?
La bienveillance des producteurs pour leur bébé s'impose comme la principale clé du succès de Bond à travers les âges. "La grande force de la saga est qu'elle est restée aux mains d'un clan,
d'abord Albert Broccoli (avec Harry Saltzman), fondateur d'EON Productions, puis sa descendante Barbara Broccoli et son époux Michael G. Wilson. La saga ne s'est jamais éparpillée. Ils avaient
une direction claire de ce qu'ils voulaient faire. Ils ont toujours été guidés par le souci de l'améliorer et donc de servir le personnage", s'enthousiasme M. Evin, qui sortira deux ouvrages
sur 007 en septembre, Le Dico secret de James Bond et James Bond est éternel.
Les producteurs de Bond ont par ailleurs pu compter sur une équipe créative fidèle. "Il y avait quatre piliers incontournables : Richard Maibaum (scénariste), Maurice Binder
(créateur des pré-génériques), John Barry (compositeur) et Ken Adam (concepteur des décors). Ils ont participé chacun à entre six et onze Bond, et avaient tous une maîtrise parfaite des
codes de la saga".
Des codes livrés clés en main dans les écrits d'Ian Fleming. "Ce n'était pas du Proust, mais c'était quand même mieux que de la littérature de gare. Ca s'est avéré très appréciable, car ils
pouvaient confortablement s'adosser à une trame et des situations posées par Fleming, que ce soit les intrigues, les méchants, les girls ou l'environnement du MI-6. Tout ça a fait que finalement,
la saga a pu se concentrer presque sur l'accessoire, sur l'habillage, avec la signature, le pré-générique, le "gun barrel", le thème musical, les James Bond girls, etc.".
Eternel Bond ?
Guillaume Evin n'est pas loin de conférer l'immortalité à 007. Il avoue toutefois les éléments qui pourraient sceller le destin de l'espion anglais. "Si on en vient à trop casser les codes au lieu de les régénérer, si on oublie le personnage, on peut massacrer la saga. James Bond peut mourir si les Broccoli perdent la tête, ou si la franchise tombe dans d'autres mains avec l'obsession du profit à tout prix, jusqu'à la massacrer".
"Je pense que Bond pourrait s'immoler tout seul en cas d'imbroglio juridique. Si un jour les producteurs ne s'entendent plus, ça pourrait tout paralyser et tuer la poule aux oeufs d'or", ajoute M. Le Clech. Guillaume Evin se veut rassurant. "Il n'y a pas de raison objective que ça s'arrête et c'est cela qui est fascinant. La série a survécu à son acteur principal et à la disparition des écrits de Fleming. Elle a même survécu à la mort de son producteur historique. Plus rien ne peut lui arriver".
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